Les cheminots de la SNCF ont paralysé une bonne partie de la France depuis vendredi 18 octobre 2019 en supprimant de nombreux trajets TGV et Intercités. Cet arrêt de la circulation dû à un accident ayant eu lieu le 16 octobre dernier a lancé un débat sur le principe du droit de retrait et ses applications .

Conséquence pour les voyageurs : un retard massif, pour les futurs vacanciers mais aussi ceux qui se rendent au travail. Car oui, les français passent en moyenne 1h04 sur les lignes de métro et RER chaque jour pour se rendre au travail, imaginez donc ceux qui prennent le train pour travailler…

Et vous vous dites : « encore et toujours des grèves ! » , mais depuis vendredi 18 octobre, la SNCF fait face à une nouvelle crise. Les cheminots ont limité le trafic pour une raison bien spécifique. En cause ? Un accident de TER dans les Ardennes le 16 octobre dernier au cours duquel onze personnes ont été blessées.  À bord, le conducteur seul a dû gérer la situation. De leur côté, les dirigeants de la SNCF réfutent en bloc le droit de retrait invoqué par tous les cheminots, qualifiant l’action de « grêve surprise ». Pourtant, le droit du travail instaure bel et bien une différence entre le droit de retrait d’une part et le droit de grève d’autre part. 

Des vacances retardées pour les usagers

Selon le droit du travail, la grève est la « cessation collective et concertée du travail par les salariés d’une entreprise en vue d’appuyer des revendications professionnelles ».

Alors, est-ce une grève ? Pour les usagers et les patrons, oui car on nous a tout de même empêché de profiter pleinement de nos vacances de la Toussaint avec tous ces retards. Mais en réalité, non. Nous sommes dans un cas de figure différent de celui de la grèce car on ne parle pas d’un accord implicite entre les salariés et l’employeur où les deux parties savent que l’arrêt du travail amène l’arrêt de la paie. Un droit de retrait est un droit qui s’applique en cas de danger grave et imminent. Le salarié confronté à un danger pour sa vie ou sa santé a le droit d’arrêter son travail et, si nécessaire, de quitter les lieux pour se mettre en sécurité. De plus, l’employeur ne peut prendre aucune sanction ou exiger la reprise du travail. Dans le cas SNCF, qui a duré quelques jours, les cheminots ont estimé qu’ils n’étaient plus en sécurité au sein de leur entreprise et ont donc trouvé légitime d’invoquer ledit droit de retrait.

La contre-attaque

Sachant que la SNCF possède le monopole des trajets franciliens, le réseau entier a été bloqué vendredi 18 et samedi 19 octobre bien qu’une reprise progressive se soit progressivement mise en place à partir du lundi 21. Les billets des passagers seront remboursés à 100% selon le président de la SNCF, Guillaume Pepy, car le droit de retrait invoqué a pénalisé de nombreux voyageurs qui n’étaient pas prévenus à l’avance de cette « grève surprise ». 

« Les sanctions existent déjà puisqu’il y a un non-paiement des jours de grêve et la SNCF s’y tiendra »

M. Le Secrétaire d’État aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari

Le Premier ministre Edouard Philippe dénonce un « détournement du droit de retrait qui s’est transformé en grève sauvage », la direction de la SNCF menace de passer devant le tribunal pour « pour faire qualifier le mouvement social » avant de se rétracter et le Secrétaire d’État aux Transports remet en cause la légitimité de l’action des cheminaux : «  Le droit de retrait, qui est un droit individuel (…), a été détourné de sa vocation initiale. » . Il est même question de sanctions individuelles et collectives, le problème étant que ces actions ont été menées sans prévenir à l’avance la direction avec laquelle d’éventuelles négociations auraient pu débuter. De plus, beaucoup ne savent pas comment mesurer le danger imminent auquel les salariés de la SNCF auraient été confronté. Malgré le tollé des politiques et de leur direction les cheminots revendiquent haut et fort leur droit, appuyant le fait qu’un incident grave s’est tout de même produit et qu’ils feraient valoir ce droit non seulement pour leur sécurité mais aussi celle de leurs passagers.

Une bataille avant la guerre ?

Pour certains, ce droit de retrait ne représente que les prémisses de la grève illimitée contre la réforme des retraites annoncée par la CGT qui débutera le 5 décembre prochain. Pourtant, certains syndicats comme SUD-rail ne veulent faire aucun lien entre les deux évènements. Avec l’ensemble des gros syndicats syndicats tel que la CFE-CGC, SUD-Rail, Solidaires, la CGT, l’UNSA et FO qui appellent tous les agents de la RATP à entamer une grève illimitée à partir du 5 décembre 2019, on peut se demander si ledit droit de retrait ne marquait en fait pas le début d’une longue guerre entre syndicats et patronat.                          

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