Le 13 janvier 2020, le G5 Sahel – composé de la Mauritanie, du Mali, du Burkina Faso, du Niger et du Tchad – et Emmanuel Macron se réunissaient à Pau (Pyrénées-Atlantiques) pour clarifier la position de la présence militaire française au Sahel.

La France est militairement présente en Afrique depuis le 11 janvier 2013, date de lancement de l’opération Serval au Mali et depuis août 2014 pour l’opération Barkhane qui a été étendue à l’ensemble de la bande sahélo-saharienne. Bien que leurs actions soient jugées positives et continuent de croître quotidiennement, elles sont majoritairement contestées au Mali et sont la cause d’un sentiment anti-français grandissant.

L’opération Barkhane, qu’est-ce que c’est ? 

Cette opération a été débutée en 2014 et a pour objectif  que « les Etats partenaires acquièrent la capacité, d’assurer leur sécurité de façon autonome. » selon le site du Ministère de la Défense. Le terme « autonome » dérange, à juste titre, une partie des populations qui ne se sentent plus rassurés par cette opération qui ne laisse place aux armées nationales. L’opération Barkhane c’est tout de même 4 500 soldats déployés sur les cinq pays du G5S qui coordonnent les interventions chaque jour. Cette opération est actuellement la plus importante pour l’armée française en dehors de son territoire. 

« La France dehors, Barkhane dehors »

Vendredi 10 janvier, trois jours avant la réunion des Etats du G5 Sahel, Bamako – la capitale du Mali – a été le théâtre d’une manifestation. Pour les personnes ayant manifesté (environ un millier selon les organisateurs), les actions françaises déstabilisent à la fois leur pays et leur armée. Pour eux, la France exerce un pouvoir néo-colonial sur le Mali et n’a plus à être sur le territoire au vu des nombreux morts civils et militaires. 

NORD DU MALI Manifestation anti-française à Kidal.
Crédit : Inconnu.

Bien que les troupes françaises aient été vues en 2013 comme la solution au problème djihadiste, une partie des Maliens semble être maintenant en faveur d’un départ de celles-ci. Et pour cause, loin d’arrêter l’avancée des groupes djihadistes, le déploiementt des troupes a vu l’extension des groupes dans de nouvelles zones du Mali, parfois au sein même des populations. Les habitants se sentent encore moins en sécurité qu’avant bien qu’ils focalisent le problème sur l’armée française et non sur l’armée nationale. 

Pour tenter de se faire entendre, certains utilisent les réseaux sociaux pour exprimer vivement leur mécontentement en réponse aux tweets d’Emmanuel Macron : 

Un dialogue de sourds

Le Président Emmanuel Macron, loin d’être d’accord avec ces oppositions à la présence française dans la région et à l’opération Barkhane s’est rendu au sommet avec les Etats du G5 le 13 janvier. Sommet convoqué par la France et à Pau en hommage aux 13 soldats français morts le 26 novembre dernier lors d’une opération de combat. 

Sur Twitter, le président relaye une vidéo du sommet rappelant que pour lui,  « la présence de la France au Sahel n’a qu’un seul intérêt : la lutte contre le terrorisme ».

Durant ledit sommet, le Président s’est longuement exprimé sur le devenir de ces opérations et a fait part de son incompréhension face aux différentes critiques qui lui étaient adressées. Loin d’entendre les critiques et reproches exprimées à son égard, le Président a réaffirmé que le but de cette opération est « la stabilité et la souveraineté » des états où la France est présente.

Quelle conclusion ? 

À l’issue de cette réunion, la France envoie 220 militaires supplémentaires pour renforcer l’opération Barkhane. Cette décision fut l’objet encore une fois de contestations françaises et internationales sur les réseaux sociaux en réponse aux annonces du Président Emmanuel Macron. Les oppositions maliennes n’auront pas, pour l’heure, leur victoire nationaliste. 

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