Le 30 octobre 2020, l’ancien pilier australien Dan Palmer révèle son homosexualité à travers une lettre bouleversante. Il est seulement le troisième professionnel du milieu à faire son coming out depuis l’anglais Levi Davis en septembre 2020, et le gallois Gareth Thomas en 2009. La rareté de cet évènement met en lumière le tabou encore omniprésent de l’homosexualité dans ce « sport de voyous joué par des gentlemen ». 

Le coming out, un acte courageux qui ne devrait pas l’être  

« Je n’exagère rien en disant que j’aurais préféré mourir plutôt que laisser quiconque découvrir que j’étais gay », écrit Dan Palmer dans une lettre poignante. Annoncer publiquement son homosexualité dans le milieu du rugby est une démarche rare, voire inexistante. Ce tabou contredit l’image de ce sport qui se veut tolérant et respectueux. Malgré l’absence de jugement apparente, le monde du rugby est rongé par une masculinité exacerbée qui ne laisse pas de place à l’homosexualité potentielle de ses joueurs. Le rugbyman se doit d’être dominant pour être respecté et de ce fait, la question de la sexualité ne se pose pas : le joueur est naturellement pensé comme hétérosexuel. Mais comment l’amour entre hommes peut-il être tabou dans un sport où le contact viril est omniprésent ? Du vestiaire au terrain, en passant par la troisième mi-temps, les joueurs se touchent, se collent, se voient sans pudeur. Alors, pourquoi aimer un homme devrait poser problème ? Parce qu’il ne faut pas être vu comme une « tapette » ou « pédé » car c’est apparement synonyme de faiblesse. Pourtant, faire partie d’un sport connu pour son calendrier composé de torses huilés et de muscles saillants ne pose pas de problème. Ces rugbymen qui aiment les hommes doivent constamment faire face en silence à un environnement violent qui banalise l’homophobie. 

La Ligue Nationale de Rugby réagit 

Pour lutter contre l’homophobie dans le milieu du rugby, La Ligue Nationale de Rugby en collaboration avec le magazine LGBT+ Têtu, lance des ateliers visant à éduquer et sensibiliser les clubs professionnels aux problématiques liées à l’homosexualité. Avec le programme #PlaquonsLHomophobie depuis février 2020, l’association et le magazine comptent rendre le rugby plus inclusif. Pour cela, une journée pour lutter contre l’homophobie sera organisée lors des deux championnats les plus importants dont le TOP 14 et la PRO D2. Des partenariats auront lieu avec des associations de rugby LGBT+ et la charte de lutte contre l’homophobie du ministère des Sports sera largement promue. Une démarche qui se veut essentielle pour faire avancer les mentalités.

Sensibiliser pour mieux éduquer 

Pour combattre l’homophobie efficacement, le rugby a besoin de modèles. Yoann Maestri, capitaine du Stade Français est concerné de près par les questions liées à l’homosexualité, puisqu’il est l’un des ambassadeurs du programme de sensibilisation de la LNR. Selon lui, l’éducation est le seul moyen de résoudre ce problème. Le rugby ne peut être promu comme un sport ouvert à tous si le tabou autour de l’homophobie persiste. La peur de s’assumer doit cesser. Paul Goze, président de la Ligue Nationale de Rugby, sait que son sport n’est pas le plus ouvert d’esprit, mais il vise grand : les mentalités doivent évoluer d’ici quatre ans de manière à ce que les joueurs puissent parler d’orientation sexuelle sans tabou. En choisissant des figures fortes du rugby français comme soldats de la lutte contre l’homophobie, Yannick Nyanga et Yoann Maestri, les dirigeants entendent redorer l’image de leur sport terni par le silence.

L’espoir d’un rugby plus tolérant est également porté par l’émergence de clubs LGBT friendly comme Les Gaillards de Paris ou les toulousains du Touwin. En prônant l’ouverture d’esprit, ces équipes modèles prouvent que rugby et LGBT peuvent parfaitement se concorder. 

En continuant à utiliser le site, vous acceptez l’utilisation des cookies. Plus d’informations

Les paramètres des cookies sur ce site sont définis sur « accepter les cookies » pour vous offrir la meilleure expérience de navigation possible. Si vous continuez à utiliser ce site sans changer vos paramètres de cookies ou si vous cliquez sur "Accepter" ci-dessous, vous consentez à cela.

Fermer