Au pouvoir depuis 2006, le président bolivien Evo Morales a annoncé sa démission dimanche 10 novembre après trois semaines de manifestations suite aux élections tumultueuses ayant eu lieu fin octobre.

C’est dans un contexte compliqué de manifestations et de révoltes citoyennes faisant suite au résultat des élections douteuses d’octobre, que le président bolivien, Evo Morales a annoncé sa démission le dimanche 10 novembre 2019. Il a notamment justifié cette décision par la « persécution » menée par l’opposition contre ses proches. Ainsi, de nombreux incidents qui ont éclaté durant plusieurs jours dans tout le pays jusqu’à aller à la dénonciation d’une tentative de « coup d’état » par l’ancien président et à son exil au Mexique. 

Une démission surprise en contexte de crise

Depuis quelques semaines, le gouvernement bolivien croule sous les accusations de fraude suite à l’arrêt soudain du dépouillement des bulletins de vote lors des élections présidentielles. Manifestations et révoltes citoyennes faisaient alors partie du climat, et c’est de cette manière qu’Evo Morales, le président sortant et candidat pour un cinquième mandat, s’auto-proclama vainqueur.

C’est donc le 10 novembre qu’Evo Morales a annoncé sa démission lors d’une allocution télévisée, dénonçant une « atteinte contre la démocratie et la paix sociale » et indiquant que ses proches subissaient des persécutions de la part de l’opposition. Il explique alors se sentir la victime d’un « coup d’état civique, politique et policier ». Grève générale illimitée, manifestations, mutineries de policiers dans les principales villes du pays, jusqu’à l’annonce surprise de la démission d’Evo Morales, la Bolivie semblait s’enfoncer de plus en plus dans une situation sans issue. 

Une décision précipitée ?

Selon les résultats du premier tour des élections ayant eu lieu en octobre dernier, Evo Morales s’était auto-proclamé vainqueur avec 47,07 % des suffrages. Un résultat immédiatement contesté par l’opposition mais aussi par les citoyens, accusant le président sortant de fraude afin de s’accaparer le pouvoir. D’autres facteurs ont brutalement accéléré la décision du président sortant ce dimanche, notamment le rapport de l’Organisation des États Américains (OEA) prouvant qu’il était statistiquement impossible pour Evo Morales d’avoir remporté l’élection avec plus de 10% que Carlos Mesa, son principal rival, et dénonçant certaines irrégularités suggérant la nécessité d’avoir recours à de nouvelles élections.

Plus tard dans la journée, les forces armées du pays ont publié un communiqué appelant le président à quitter le pouvoir. La commandant en chef de l’armée, le général Williams Kaliman a déclaré à la presse : «Après avoir analysé la situation conflictuelle interne, nous demandons au président de renoncer à son mandat présidentiel afin de permettre la pacification et le maintien de la stabilité, pour le bien de notre Bolivie» 

En perdant ainsi le soutient de la police et de l’armée, il est difficile de maintenir la sécurité d’un pays totalement divisé. Les manifestations qui sévissent depuis plusieurs semaines dans le pays, opposant les partisans de Morales contre l’opposition, ont fait au moins trente morts et plus d’une centaine de blessés depuis le 21 octobre. 

Un climat de violence omniprésente

Dans la soirée de dimanche, après l’annonce de la démission d’Evo Morales, des milliers d’habitants sont allés manifester dans les rues du pays, afin de célébrer ce qui semble être une « victoire » pour eux. Cependant, l’événement a également provoqué des violences à La Paz et El Alto, des villes proches de la capitale. Les domiciles de plusieurs personnalités du pays, soutiens d’Evo Morales, ont notamment été incendiés tout comme le centre d’entretiens des autobus de La Paz. Sur Twitter, Evo Morales s’est exprimé en ajoutant que des « groupes violents » avaient attaqué sont domicile.

Entrée fermée d’une télévision publique à La Paz après avoir été investie par des opposants au président Evo Morales.
Crédit : AFP/Jorge Bernal.

Un exil au Mexique

Après avoir obtenu l’asile politique, Evo Morales s’est exilé au Mexique plus de 24h après l’annonce de sa démission. Il s’est exprimé sur Twitter, affirmant que « la lutte continue » : « Frères et soeurs, je pars pour le Mexique », a-t-il tweeté lundi soir. « Ça me fait mal d’abandonner le pays pour des raisons politiques, mais je serai toujours attentif. Je reviendrai bientôt avec plus de force et d’énergie ». Loin de se retirer de la vie politique bolivienne, il s’est exilé depuis le 12 décembre dernier en Argentine depuis laquelle il entend faire « remporter les elections » à son parti.

À consulter également : 

Vidéo de la maison de l’ex-président bolivien envahie par des opposants peu après sa démission.

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